Le veganisme

 

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Lorsque nous avons décidé de devenir végétarien, nous n’avions pas conscience de ces chiffres. Mais, de par nos recherches, nous en sommes venus à devenir vegan.

Le véganisme se définit comme la non-consommation d’animaux et de leurs produits dérivés (nourritures, textiles ou cosmétiques) par les être humains.

(Les sources sont indiquées à la fin de l’article).

Plusieurs raisons nous ont incité au végétalisme/véganisme :

  • Le coût environnemental
  • La déforestation
  • L’utilisation des ressources en eau
  • La pollution des sols
  • La souffrance animale
  • La faim dans le monde
  • Les risques de santé
  • La destruction d’écosystèmes
  • L’utilisation des sols
  • Le nombre d’être vivant tué

 

  • Les émissions de gaz à effet de serre

On ne le sait que trop peu mais l’élevage animal est responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, ce qui est plus que le secteur du transport (bateaux + avions + trains + camions + voitures + 2 roues) (#1). Or ce qui est moins connu, est le fait que tous les gaz ne se valent pas et n’ont pas le même pouvoir de réchauffement. Or, deux autres gaz (en dehors de l’eau sous sa forme gazeuse) sont des catalyseurs (éléments qui augmentent la vitesse d’une réaction chimique) du réchauffement climatique.

Ces deux gaz sont le méthane CH4 et le protoxyde d’azote N2O qui ont respectivement un pouvoir de réchauffement environ 28 fois supérieur et 300 fois supérieur au CO(#2). Ces gaz sont souvent minorés dans de nombreuses études lorsque l’on calcule leur impact climatique. A fortiori, l’élevage serait plutôt responsable de 50 % des émissions de gaz à effet de serre totales (#3). Ce chiffre est une estimation haute faite par un Institut qui défend le changement climatique et qui doit donc être pris avec des pincettes. Cependant, il a été estimé que le calcul de l’ONU ne prenait pas en compte tous les facteurs issus de l’exploitation agricole (respiration animale, déforestation, …).

Les conséquences de cet accroissement des émissions de gaz à effet de serre sont le réchauffement climatique. 160 millions de ‘réfugiés climatiques’ (personnes forcées de quitter leur lieu de vie à cause d’une rupture environnementale) ont du quitter leur domicile entre 2008 et 2013 (#4).

Ceci a pour conséquence l’acidification des océans, qui ralentit la croissance du corail et du plancton. De plus, à peu près 20 % des récifs coralliens d’origine ont été détruit. L’emblème de ce problème est la barrière de corail australienne dont 93 % de la barrière a blanchi (#5). Les coraux sont des récifs qui permettent de protéger les poissons. Du fait du réchauffement des eaux mondiales, certains récifs ont commencé à mourir. La mort de ces récifs a entraîné la disparition de poissons. Et tout cela crée un cercle vicieux.

 

  • La déforestation

La forêt amazonienne est la principale zone forestière tropicale touchée par l’exploitation agricole et la déforestation due à l’élevage. L’élevage (75 %, #6) et l’agriculture (16 %, #7) représente près de 91 % de la déforestation amazonienne (#8) et la France est le 3ème plus grand importateur de soja OGM brésilien à destination des animaux, les OGM étant interdit à la consommation directe par les humains (principe de précaution). La déforestation de l’Amazonie représente 53 % de la déforestation mondiale (#9), ce qui veut dire que l’élevage représente plus de la moitié de la déforestation mondiale.

Les conséquences de la déforestation sont multiples : 80 % de la biodiversité mondiale se situe en forêt. Or, 16,928 espèces connues (3 % de la totalité, la menace est donc nettement sous-estimée) sont menacées d’extinction (#10) et la déforestation contribue à 17,4 % aux gaz à effet de serre (#11).

 

  • L’utilisation des ressources hydriques

Pour parler de l’eau, il faut commencer par définir un terme, l’eau virtuelle : l’ensemble des consommations d’eau nécessaires à une production agricole ou industrielle, ou à un service. Cela correspond à la quantité totale d’eau nécessaire pour produire quelque chose. On emploi ce terme car l’eau consommée ne se retrouve généralement pas dans les produits finis.

L’élevage demande des ressources en eau colossales. Aux Etats-Unis, l’agriculture utilise 80 à 90 % de l’eau consommée dans le pays (#12). En France, ce chiffre est plus proche de 70 %, bien que cela soit très inégal dépendant des régions. Le pourcentage le plus précis est issu de l’agence de l’eau Seine-Normandie, qui indique que 68 % de l’eau est consacré à l’agriculture (#13). Lorsqu’on ne prend pas en compte l’eau virtuelle, cette valeur est de 43 %, valeur ayant quadruplée entre 1970 et 1997 (#14).

A titre de comparaison, un omnivore a une empreinte moyenne de 3600 litres par jour (5000 litres si la moitié des calories sont issues de produits animaux) alors qu’un végétarien a une empreinte de 2300 litres et un végétalien de 1700 litres par jour (#15).

Pour remettre en perspective tout cela, pour produire un kilo de :

légumes : 320 litres
pommes de terre : 700 litres
fruits : 1 000 litres
lait : 1 000 litres
céréales : 1 300 litres
graines de soja : 1 800 litres
Oeufs : 3300 litres
poulet : 3 900 litres
fromage : 5 000 litres
bœuf : 15 500 litres.
(#16)

Cette utilisation de l’eau entraîne un certain nombre de problèmes environnementaux, tels que l’épuisement des nappes phréatiques, l’érosion et la salinisation des sols (#17).

 

  • La pollution des sols

La pollution des sols est un autre des enjeux liés à l’exploitation animale. Cet enjeu est double, car il y a d’un côté la pollution des sols par les nitrates, mais aussi la pollution de l’eau douce par ces mêmes nitrates.

Une ferme laitière (américaine) de 2 500 vaches produit autant de déjection qu’une ville de 411 000 habitants (#18).

Les conséquences de la pollution des sols sont diverses. Dû à la présence de nitrates, on voit se former des algues vertes qui dégagent un gaz toxique, le sulfure d’hydrogène H2S (ayant tué plusieurs sangliers, un cheval et peut être un joggeur quinquagénaire dont les éléments issus de l’enquête n’ont pas encore été rendu public) (#19). Cela réduit aussi l’oxygène dans les cours d’eau, menant à la mort nombres d’espèces animales.

 

  • La souffrance animale

En droit français, l’animal est considéré, depuis 1976, par l’article L214-1 du chapitre IV sur la protection des animaux du Code rural comme un ‘ être sensible ‘ (#20) qui doit recevoir un traitement adéquat en fonction de l’espèce.

Dernièrement, en 2015, l’article 515-14 du Code civil (#21) met en avant le fait que  » les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité « . Ils sont toujours considérés comme des biens.

Il a été prouvé scientifiquement que les animaux, tout comme les hommes, sont capables de ressentir la douleur. La douleur chez les animaux correspond à ce que l’on appelle plus couramment, la nociception (processus sensoriel à l’origine du message nerveux qui provoque la douleur). C’est la partie de la douleur inconsciente, la conscience chez les animaux n’ayant jamais été prouvé scientifiquement. Il est donc nécessaire de parfaitement justifier toute atteinte faite à des animaux comme un mal strictement nécessaire (#22).

 

  • Résoudre le problème récurrent de la faim dans le monde

L’élevage animal a l’un des ratios d’énergies les plus faibles lorsqu’on le compare aux autres types d’alimentations. En effet, pour produire 1 calorie animale de :

Poulet : 4 calories (végétale).
Dinde : 10 calories.
Produit laitiers : 14 calories.
Porc : 14 calories.
Oeuf : 39 calories.
Bœuf : 40 calories.
Mouton : 57 calories.
(#23)

Toutes ces calories pourraient être ingérées directement par des humains. Et ce n’est pas faute d’essayer. En effet, la France, 3ème importateur mondial de soja OGM brésilien (#24) servant à nourrir le cheptel français, le fait aux dépens des 34 millions de sud américains qui souffrent de malnutrition et de la faim (#25).

Cela a pour effet de déstabiliser certaines zones du globe et est à l’origine de certaines guerres.

 

  • Les risques de santé

Manger de la viande ne représente pas seulement un risque environnemental. Cela représente un risque de santé publique. L’Organisation Mondiale de la Santé a classé la viande rouge comme probablement cancérogène pour l’homme (Groupe 2A) et la viande transformée comme cancérogène (Groupe 1) (#26).

Selon le Global Burden of Disease project, 34 000 décès par cancer par an seraient dû à une alimentation riche en viande transformée et 50 000 décès par cancer par an seraient dû  à des régimes riches en viande rouge.

De plus, la consommation de viande rouge augmente les risques de maladies cardio-vasculaire et de diabète, deux pathologies qui représentent à elles seules 31 % des décès sur la planète (#27).

Par ailleurs, 80 % des antibiotiques consommés aux Etats-Unis le sont par des animaux (#28). Ces valeurs sont similaires à la consommation animale d’antibiotiques en France. Cependant, ils nous a été impossible de trouver des sources fiables.

Pour finir, 80 à 90 % des animaux d’élevage consomment du soja OGM en France (#29).

 

  • La destruction d’écosystèmes

L’élevage est responsable du changement climatique, de la dégradation des terres, de la pollution de l’atmosphère et des eaux mais aussi de la perte d’écosystèmes qui se voient perturbés ou détruits.

L’élevage est responsable de 64 % des émissions d’ammoniac, qui contribuent significativement aux pluies acides et par conséquent à l’acidification des écosystèmes (#30). Cela rend les sols plus vulnérables à l’érosion et moins fertiles.

La pêche, dont on n’a peu parlé est aussi une source importante de pertes d’écosystèmes. Actuellement, 53 % des zones de pêche mondiale sont exploitées à leur maximum, 28 % sont surexploitées, 3 % sont épuisées et 1 % sont en stade de récupération suite à leur épuisement (#31), pour un total de 85 %.

 

  • L’utilisation de sols

Aujourd’hui, 30 % de la surface terrestre émergée de la planète est dédiée à l’élevage. Cela représente 70 % des surfaces agricoles totales (#32).

Pour vous permettre de réaliser les différentes surfaces, voici une petite comparaison :

(#33)

 

  • Le nombre d’être vivant tué

Chaque année, ce n’est pas moins de 62 768 239 047 animaux terrestres et oiseaux qui sont tués (#34, chiffres datant de 2010). C’est autant que la moitié des humains ayant foulés le sol de la terre depuis la naissance de l’humanité, il y a 50 000 ans (#35) !

C’est aussi 150 fois plus que toute le nombre de personnes tuées guerres qu’ai connu l’humanité (430 millions de morts approximativement (#36).

Et cela ne prend pas en compte les entre 1 000 000 000 000 et 2 700 000 000 000 (entre mille milliard et 2,7 mille milliards) (#37) d’animaux marins tués chaque année.

 

Voici en lien, un site vous permettant de calculer le nombre de vies animales, de m² de forêt, de kg de CO2 et d’eau économisée en étant vegan :

Vegan Calculator

Ce calcul prend en compte l’estimation de toutes les morts animales liées à notre consommation de viande et de produits animaux (laits, œufs, cuirs, laine). Il prend donc en compte la mort de crustacés, crabes, espèces marine en tout genre également.

Avec tous les chiffres énoncés ci-dessus, un omnivore mange donc en moyenne un animal tous les 2 jours, ce qui au cours d’une vie représente au moins 7 000 animaux.

 

 

On espère que cet article vous donnera une idée de pourquoi la consommation de viande et de produits dérivés d’animaux est un risque et un enjeu global.

 

Ah et si jamais quelqu’un vous dit que le lobby du soja est derrière tout ça, n’oubliez pas que le plus gros acheteur de soja au monde, c’est l’industrie de l’élevage 😉

 

 

#1 : FAO, Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ‘ Livestock impacts on the environment ‘, 2014.

#2 : GIEC : Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat. 4ème rapport d’évaluation, 2007.

#3 : Worldwatch Institute, ‘ Livestock and Climate Change: What if the key actors in climate change are… cows, pigs, and chickens? ‘ p. 10 – 19, novembre/décembre 2009.

#4 : Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, ‘UNHCR, the Environment and Climate Change ‘ Octobre 2015.

#5 : Le Monde, ‘En Australie, 93 % de la Grande Barrière de corail a blanchi ‘, 20 avril 2016

#6 : Le Monde, ‘La déforestation de l’Amazonie, mirage économique pour les brésiliens ‘, 13 juin 2009.

#7 : Le Monde, ‘Agrocarburants et bétail européens « détournent » les terres du Sud’, 28 novembre 2008

#8 : La Banque Mondiale, ‘Causes of deforestation of the Brazilian Amazon, Working Paper NO. 22 ‘, décembre 2003.

#9 : Données du FAO et de Zerodeforestation, novembre 2005.

#10 : IUCN, ‘ Species Extinction – The Facts ‘, 2007.

#11 : GIEC, ‘4ème rapport d’évaluation du groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat ‘, 2007

#12 : Service économique du département d’Etat américain de l’agriculture : ‘ USDA ERS – Irrigation & Water Use ‘, 2013.

#13 : Agence de l’eau Seine-Normandie, ‘ Consommation en eau ‘, 2003.

#14 : CNRS, ‘ La consommation française domestique, industrielle et agricole ‘.

#15 : Arjen Y. Hoekstra, Litrage basé sur 2,5 L/kcal pour les calories d’origine animale et 0,5 L/kcal pour les calories d’origine végétale. Twente Water Center, University of Twente ‘ The hidden water resource use behind meat and dairy ‘, avril 2012.

#16 : Water Foot Print, http://waterfootprint.org/en/resources/interactive-tools/product-gallery/ : outils d’estimation de l’empreinte hydrique de différents aliments.

#17 : Commission européenne, Agriculture et développement rural ‘ Eau et Agriculture ‘, 2010.

#18 : Agence américaine de la protection de l’environnement (section recherche et développement) ‘Risk Assessment Evaluation for Concentrated Animal Feeding Operations ‘, p 7, 2004.

#19 : Le Monde, ‘ Algues vertes : la justice va-t-elle entrer en scène ? ‘, 25 avril 2014.

Le monde, ‘Doutes sur la mort d’un joggeur sur une côte infestée d’algues vertes ‘, 21 septembre 2016.

#20 : Article L 214-1 du Code rural, Légifrance, 1976.

#21 : Article 515-14 du Code civil, Légifrance, 16 février 2015.

#22 : Institut Servier, ‘ Douleur de l’animal, douleur de l’homme ‘, 2002.

#23 : D. Pimentel and M. Pimental in the Journal of America Clinical Nutrition, ‘ Tables 2 and 4 from Sustainability of Meat-Based and Plant-Based Diets and the Environment ‘ 78(suppl) p. 660S and 663S, 2009.

#24 : WWF France, ‘ Viandes, un arrière goût de déforestation ‘, 23 octobre 2012.

#25 : FAO, ‘la sous alimentation dans le monde en 2015 ‘, 2015.

#26 : OMS, ‘ Cancérogénicité de la consommation de viande rouge et de viande transformée ‘, octobre 2015.

#27 : OMS, ‘ Annex Table 2 Deaths by cause, sex and mortality stratum in WHO regions, Estimates for 2002 ‘, 2004.

#28 : FDA – ‘ Annual Summary 2009 on Antimicrobial Sold or Distributed for Use in Food-Producing Animals ‘, 2009.

#29 : Le Nouvel Obs, ‘ OGM : comment les éviter dans notre assiette ? ‘, 20 septembre 2012.

France TV Info, ‘ 90 % du bétail français serait élevé aux OGM, sans information du consommateur ‘, 20 février 2016.

#30 : FAO, ‘ Livestock’s long shadow – Environmental issues and options ‘ p 23, 2006.

#31 : FAO, ‘ World Review of Fisheries and Aquaculture  ‘ p 8, 2010.

#32 : FAO, ‘ Livestock’s long shadow – Environmental issues and options ‘ p 23, 2006.

#33 : WWF Suisse, ‘ Surfaces de sol nécessaires pour la production d’un kilo de ‘.

#34 : FAO, World – Livestock production – No. animals slaughtered, 2010.

#35 : PRB (Population Reference Bureau), ‘How Many People Have Ever Lived on Earth‘, October 2011.

#36 : OurWorldinData.org, Max Roser, ‘Global death in conflicts since the year 1400‘, 2016.

#37 : FAO, ‘ World Review of Fisheries and Aquaculture  ‘, 2010 & Fishcount.org.uk, ‘Estimating the Number of Fish Caught in Global Fishing Each Year‘ p 1, July 2010.