Le végétarisme, le végétalisme et le véganisme

 

Durée de lecture : 4 minutes

Quand je parle avec des gens autour de moi, la première question qui m’est posée est souvent : c’est quoi en fait le végétarisme/véganisme ? Que ce soit l’alimentation d’un végétarien ou celle d’un vegan, vous saurez toutes les différences et les éléments qui y sont liés après avoir lu les quelques lignes qui suivent.

 

Les différents termes définis sont : végétarisme, végétalisme, flexitarismevéganisme, welfarisme et abolitionnisme.

Végétarisme : régime alimentaire excluant toute chair animale (viande & poisson), tout en admettant la consommation d’aliments d’origine animal (œufs, laits, beurre, fromages, miel).

Le végétarien est donc une personne qui ne veut pas (et non qui ne peut pas) manger des chairs ou des tissus animaux.

    Il m’a été raconté à plusieurs reprises par des végétariens/végétaliens que le poisson était encore, pour beaucoup, considéré comme n’étant pas un animal. Et oui, lorsqu’une personne propose du poisson dans un menu sans viande, c’est considérer le poisson comme n’étant pas un animal. Cette anecdote fonctionne également avec le poulet (soulignant la déconnexion des gens et de leur alimentation).

 

Flexitarisme : régime alimentaire végétarien flexible qui se permet de manger à certaines occasions (fêtes, repas de famille ou entre amis, …) des chairs animales. Chez lui, il mange généralement végétarien ou végétalien.

 

Végétalisme : régime alimentaire excluant tout aliment d’origine animale.

Le végétalien est donc une personne qui ne veut pas (et non qui ne peut pas, la nuance est importante, car c’est un choix basé sur des convictions et des faits) manger des produits d’origine animale (des POA).

 

Véganisme : Mode de vie excluant tout produit issus des animaux ou de leur exploitation (vêtements, cosmétiques, alimentation, amusement, expérimentation).

Le véganisme est défini par la Vegan Society comme « Une philosophie et une façon de vivre qui cherche à exclure – autant que faire se peut – toute forme d’exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but, et par extension, faire la promotion du développement et l’usage d’alternatives sans exploitation animale, pour le bénéfice des humains, des animaux et de l’environnement ».

Le vegan est donc une personne qui ne veut pas consommer, mais qui peut tout de même porter, par choix, des produits issus de l’exploitation animale, comme le cuir lorsqu’il est déjà en sa possession.
Et la question m’a été posée à plusieurs reprises : est-ce qu’une personne qui devient vegan doit se débarrasser de son canapé en cuir ?

La réponse est bien évidemment NON, elle n’a pas besoin de s’en débarrasser. Mais, il arrivera que la personne qui possède ce canapé en cuir n’arrive pas à vivre avec le fait que c’est la peau d’un animal sur laquelle elle s’assoit.

Il existe deux approches politiques radicalement différentes au véganisme :

  • le Welfarisme : Ce terme vient de l’expression anglaise « welfare state », ou « Etat providence ». Il désigne donc le « bien-être » des animaux, et par extension leur droit. L’approche welfariste se fait par la réforme. Le but est l’amélioration progressive de la situation des animaux, pour s’approcher d’une « condition idéale ».
    • L’avantage est de multiplier les revendications et de donner des options aux décideurs politiques.
    • Le défaut, cependant, est qu’il provoque une illusion auprès des personnes qui ne sont pas végétarienne/végétalienne. De fait, il conforte les idées d’une exploitation respectueuse des animaux et de « morts éthiques ».

 

  • L’abolitionnisme : l’objectif est l’abolition totale de toute forme d’exploitation animale (nourriture, vêtements, cosmétiques, amusement et expérimentation). L’oppression et l’exploitation des animaux est un esclavage, et pour les abolitionnistes, l’esclavage est inacceptable, à quelques degrés que ce soit.
    • L’avantage est l’absence d’illusion qu’il existerait des exploitations et des meurtres éthiques ou respectueux. Il permet également de revendiquer le véganisme comme la seule alternative envisageable.
    • Le défaut est l’absence de perspective à court et moyen terme pour les animaux.

 

L’important est de comprendre que ces choix d’alimentation ne sont pas une restriction mais un refus de prendre part à certaines pratiques. L’alimentation s’en trouve souvent plus diverses car, c’est souvent la première fois que l’on se pose des questions au sujet de notre alimentation. C’est le cas de toutes les personnes ayant fait le choix d’une alimentation végétale avec qui j’ai parlé, même ceux qui « n’aimait pas du tout cuisiner ». Mais ça, ça c’était avant 😉

 

Tom Regan : « Garder les animaux dans des cages plus grandes et plus confortables ne suffit pas. Que l’on exploite les animaux pour les manger, s’habiller, pour notre amusement ou pour les étudier, le secret du droit des animaux n’est, non pas dans des cages plus grandes, mais dans des cages vides. »

J.